Feux d'artifice

Très populaires lors des fêtes nationales, certains les choisissent également pour célébrer en couleurs et en tonalités, le plus beau jour de leur vie. Même s'il produit du bruit en explosant, le feu d'artifice trouve son avantage dans ses effets de lumière et dans ses mouvements. Le principe de base repose sur la combustion explosive d'un mélange pyrotechnique, dérivé de la poudre noire originelle contenant un oxydant qui libère l'oxygène et un réducteur qui sert de combustible. La technique utilisée s'appelle la pyrotechnie. Les pyrotechniciens créent à chaque occasion, une mise en scène de couleurs et de rythme, avec parfois de la musique, sur un thème et réalisent un paysage de feu. On ajoute parfois des feux de Bengale ou même des jets d'eau!

Sa forme

Chaque type de feu d'artifice produit un ou même des effets spécifiques. Et pourtant, les bombes, bouquets, embrasements, cascades, soleils ou bouquet final sont tous construits à partir du même principe. Les pièces sont soit propulsées comme des fusées, soit lancées par un mortier.

La pièce la plus courante est la bombe. Comme son nom l'indique, la bombe explose et propage des tas d'étincelles et d'étoiles dans le ciel. Elle peut le faire à différents échelons de son effervescence. Souvent, au départ d'un feu d'artifice, le pyrotechnicien lance un marron d'air qui produit surtout une forte explosion. S'en suivront des bombes ou bien encore des comètes qui forment un tracé incandescent tout au long de leur trajectoire.

Ses couleurs

Elles seront déterminées en fonction du contenu du mélange. Les produits chimiques permettent d'obtenir des couleurs très diversifiées. Chaque professionnel a ses secrets de fabrication. Chaque dosage permet un résultat très précis. A base de potassium, le violet est roi, à base de cuivre, c'est le bleu tandis qu'à base de strontium et de lithium, c'est plutôt le rouge. Ces mixtures doivent être faites avec beaucoup de dextérité et de précaution.

Les règles

Elles sont dictées par l'arrêté royal du 1er février 2000 et l'arrêté ministériel du 3 février 2000, tous deux publiés au Moniteur Belge le 19 février de la même année. Ils définissent désormais les artifices de joie destinés au public et imposent des mesures de sécurité précises pour l'utilisation par des particuliers de tels dispositifs.

Au prime abord, aucune autorisation n'est requise pour détenir une quantité d'artifices de joie et de signalisation à concurrence de 500 gr. de compositions pyrotechniques. Mais encore faut-il ne pas risquer sa vie en l'employant? Pour cela, le législateur a établi les règles suivantes:

- N'achetez que des produits légers et sûrs chez un spécialiste réputé et sérieux.

- Chaque produit doit être accompagné d'un mode d'emploi et cela dans la ou les langues de la région d'achat.

- Exigez un emballage pour le transport. Ne mettez surtout rien en poche.

- A la maison, stockez-les dans un endroit frais et sec, hors d'atteinte des enfants, dans une boîte bien fermée.

- Lisez toujours attentivement les notices d'instruction et modes d'emploi avant la soirée du tir.

- Pendant cette soirée, soyez sobre.

- Seul un adulte prépare les lieux et procède aux lancements, dans une zone bien dégagée, loin des invités, des habitations, des véhicules en stationnement et d'une végétation.

- Ayez toujours de l'eau en suffisance à proximité, voire un extincteur.

- N'allumez qu'une fusée à la fois.

- Ne jamais rallumer un engin défectueux qui a mal fonctionné à l'allumage.

- Tenez-vous suffisamment loin derrière les fusées et n'allumez les que les bras tendus avec une longue allumette, un flambeau ou une mèche.

- Mettez vos animaux en lieux sûrs.

- Interdit de projeter des débris dangereux et des retombées incandescentes au sol.

Toutes ces précautions doivent être prises pour éviter tout accident malheureux. Certains produits sont interdits au public et doivent être utilisés uniquement par des professionnels du secteur: les bombes (lancées à l'aide d'un mortier), les fontaines et feux de bengale, les roues ou batteries de chandelles romaines, les fontaines ou produits similaires, les pétards, les réglettes et rouleaux de pétards.

Un peu d'histoire

La majorité des historiens racontent qu'ils seraient nés en Chine au 1er siècle à partir d'une formule simple de poudre. Des tubes en bambou étaient remplis de ce mélange et jetés dans le feu pour fêter les cérémonies religieuses. Ces jeux devinrent vite des armes rudimentaires attachées à des flèches. Petit à petit, les Chinois découvrirent que ces tubes pouvaient se propulser grâce à la poussée des  gaz d'échappement. Vers le VIIIème siècle, apparut la poudre noire qui enflammée, permit de propulser un projectile.  En Europe, les artifices ont fait leur entrée au XIIIème siècle, grâce à Marco Polo. Le premier spectacle pyrotechnique sera tiré en France au XVIIe à l'occasion du mariage de Louis XIII et d'Anne d'Autriche. Cependant, jusqu'au XIXème, les feux d'artifice restèrent assez médiocres et manquèrent de couleurs. Le développement de la chimie permit une évolution considérable de l'artifice de joie. Aujourd'hui, ils restent illégaux dans certains Etats des USA et font l'objet de restrictions à leur utilisation. En Belgique, tout commerçant vendant des artifices doit dans tous les cas être titulaire d'une autorisation de dépôt.

Comme dans beaucoup de secteur, on n'est jamais mieux servi que par un professionnel. Il suivra des règles strictes, demandera un périmètre de sécurité et utilisera des produits qu'il connaît bien afin d'éviter tout résultat désastreux.